Décapitation d’un enseignant à Conflans-Sainte-Honorine

Article de Rose-Marie Blasco paru dans Contrepoint, le journal du CréSEP réservé aux adhérents
vendredi 23 octobre 2020

C’est avec effroi que nous avons appris, vendredi 16 octobre dernier, l’abominable assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire et géographie dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine, alors qu’il ne faisait que son métier.

Cet enseignant, victime d’un attentat terroriste perpétré au nom d’une conception pervertie de l’Islam, faisait l’objet, depuis plusieurs jours, de menaces de représailles pour « blasphème contre le prophète » Mahomet, dont il avait montré des caricatures dans le cadre d’un cours d’éducation morale et civique portant sur la liberté d’expression.

Cet acte atroce n’a pas seulement mis toute la communauté éducative en état de choc ; il a aussi fait prendre conscience à toute la Nation qu’en s’attaquant à un professeur, c’est au fondement même de l’école de la République que le fanatisme religieux s’attaque : l’école comme lieu de construction du citoyen, de sa liberté de conscience et du développement de son esprit critique ; l’école comme socle de la démocratie et de l’émancipation.

Mais pour que l’école puisse continuer à pleinement contribuer à ce processus, il ne faudra pas, une fois les traumatismes et l’émotion passés, que la surdité, dont la hiérarchie sait faire preuve face aux alertes des enseignants, redevienne la norme.
Les chefs d’établissement doivent soutenir et accompagner les collègues outragés (quel que soit l’outrage) et les rectorats répondre sans délai aux demandes de protection qui leur sont faites, car mourir pour avoir exercé son métier est à présent avéré.

Nous pensons à Samuel Paty, à sa famille, ses proches, ses collègues et ses élèves endeuillés et tenons à leur témoigner ici tout notre soutien.

À travers lui, nos pensées vont également vers toutes les victimes de la barbarie terroriste.